Séverine Moinard par Séverine : rétrospection d'une communicante en constante mutation ou l'introspection d'une jeune femme déterminée
On n’apprend hélas pas à connaître une personne en dix petites lignes, en survolant son CV ou en parlant avec lui 10 minutes. Envie de vraiment me découvir ? A vous de lire !
Séverine : Bonjour Séverine ! Vous voici depuis peu une bloggeuse de Ouestjob.com ! Pourquoi avoir créé votre propre blog ?
s. M : Bonjour ! Et bien voilà : je souhaitais entre autres disposer d’une plate-forme pour présenter un aperçu de mon book photographique et infographique, mais également avoir une visibilité auprès de potentiels employeurs. Je suis à la recherche d’un emploi (comme des centaines de milliers d’autres, me direz-vous !), soit dans le domaine de la communication, soit dans la photographie.
Photographe : une aventure humaine
Séverine : Dans ce cas, vous pouvez peut-être nous en dire plus sur votre parcours professionnel ? J’ai remarqué que vous aviez un CV plutôt diversifié !
s. M : Oui, c'est tout à fait exact ! Diplômée en photographie, j’ai fait mes premières armes dans ce milieu en tant que travailleur saisonnier : l’hiver, je partais travailler dans les Alpes, nappées de blanc et l’été, direction le chaud soleil méditerranéen. C’est ainsi que j’ai attrapé un virus : « la bougeotte aiguë » !
Séverine : En ce qui concerne la photographie, vous avez travaillé en tant que photographe-filmeur, laborantine et vendeuse. Comment avez-vous vécu toutes ces expériences ?
s. M : Le métier de photographe-filmeur est très dur. C’est comparable à du porte-à-porte sauf que là, le démarchage se fait sur la plage et dans les restaurants. Solliciter les gens afin qu’ils se laissent prendre en photo n’est pas chose aisée, et les convaincre que notre travail est sérieux l’est encore moins. On porte une double casquette : celle de photographe mais aussi celle de commercial, ou si vous préférez «d’attrape-touristes» ! Et malheureusement, bien souvent les gens ne voient que la seconde ! Néanmoins, cela reste une expérience unique. J’ai beaucoup appris : professionnellement d’un point de vue photographique mais également sur moi-même. Cette expérience, semée d’épreuves dont vaincre sa timidité, se dépasser ou encore se faire confiance, m’a marquée à vie. Une belle aventure humaine, riche en échanges, à la fois avec mes collègues et mes clients. Quand vous percevez, à travers votre objectif, quelque chose que vous trouvez beau, magnifique, vous n’avez qu’une envie, c’est le faire partager. La reconnaissance des gens que j’ai photographiés a été sans doute ma plus belle récompense et ce qui me motive aujourd’hui encore à faire de la photographie.
De la photographie à la communication
Séverine : Pourquoi avoir alors abandonné les saisons et travaillé par la suite sept mois chez Total ?
s. M : Car je me suis mise un jour à rêver de devenir photoreporter et même de créer un nouveau magazine consacré au développement durable ! Pour cela, j’ai voulu reprendre mes études et ce, en journalisme. Mais pour pouvoir passer les concours et remplir tous mes dossiers de candidature, je voulais être sûre d’avoir tous les documents nécessaires à portée de main et d’avoir du temps pour réviser. C’est pourquoi cette année-là, j’ai refusé de partir travailler durant l’hiver sur l’île de Saint-Domingue comme photographe. A la place, j’ai accepté un poste chez Total comme hôtesse de caisse à 30 minutes de chez moi mais sachant bien que ce ne serait que provisoire ! En une seule décision, de magnifiques plages de sable blanc, une eau de mer bleu turquoise ont fait place…. à une station essence sur une aire d’autoroute vendéenne…
Devenir communicante en association pour communiquer sur le développement durable : une future vocation ?
Séverine : Donc quand vous parlez de travailler dans la communication, cela pourrait être dans le journalisme ?
Séverine : Non, je ne pense pas. Mes deux années d’études en communication ont tout remis en question. Premièrement, je n’ai pas été accepté en DUT Information-Communication option journalisme mais en DUT Information-Communication option Communication des organisations. Ceci n’est pas un obstacle pour une personne réellement motivée de percer dans le journalisme car la frontière entre ces deux « mondes « est mince : il n’est pas rare de voir des communicants devenir journalistes et inversement. Cependant, en ce qui me concernait, je courais après un rêve qui s’éloignait de jour en jour car j’avais oublié de prendre en compte la réalité de cette profession. Grâce à ce DUT, j’ai découvert un tout autre univers : la communication telle qu’elle peut être pratiquée par des entreprises, des collectivités et des associations. J’y ai appris une chose essentielle : en communication, il faut savoir tout faire et c'est bien justement ce qu'il me plaît. En tant que chargé de communication, on est touche-à-tout : rédaction d’articles, marketing, événementiel, infographie … et je crois bien que cette page ne serait pas assez grande pour tout énumérer ! Peu à peu, j’ai su penser à un projet professionnel qui répondrait réellement à mes envies : exercer dans le domaine de la communication associative pour communiquer plus précisément sur le développement durable.
Séverine : Et pourquoi le développement durable ? Car c’est dans l’air du temps ?!
s. M : Non ! Et pour vous l’expliquer, je vais vous raconter une petite histoire ! La première fois que j’ai entendu parler de réchauffement climatique, j’avais 11 ans. A cette époque, aucun gouvernement ne semblait vraiment s’y intéresser, par contre, toute petite fille que j’étais, j’avais été beaucoup touchée par ce que je venais de lire à ce sujet dans mon fameux livre « Méga nature » ! Pendant mon adolescence, j’avais déjà pensé à m’orienter vers un métier spécialisé dans la connaissance et la sauvegarde de l’environnement. Mais le besoin de m’exprimer m’a poussée à m’orienter dans la photographie et à poursuivre ensuite avec un bac littéraire option langues et arts plastiques. Une fois mon bac en poche, j’espérais intégrer une faculté de Paris qui préparait à une maîtrise en photographie, mais le destin en a décidé autrement. A la place, au gré des emplois saisonniers que j’occupais, j’ai voyagé dans les Alpes et dans le sud de la France. Et à chaque fois que je m’émerveillais devant des paysages, plus sublimes les uns que les autres, je me disais : « Un jour tout cela n’existera peut être plus. Comment la nature humaine peut-elle être assez stupide pour gâcher tout cela ? ».
Séverine : Cette envie de préserver la nature ne vous a donc jamais quittée ?
s. M : Non ! Et aujourd’hui plus que jamais ! D’où mes projets professionnels dont je viens de vous parler.
Périple de 8 mois en Angleterre : maîtriser l’anglais peut toujours servir !
Séverine : Après avoir obtenu votre DUT en communication, on vous retrouve alors à Manchester, c'est bien cela ? Quels rapports avec vos projets professionnels ?
s. M : J'avais cette idée depuis ma première année en DUT. Cette année-là, mon professeur d'anglais avait expliqué comment partir à l'étranger comme assistante de langue et il ne m'avait fallu que quelques minutes pour prendre ma décision de tenter cette incroyable expérience! J’ai pensé qu’avoir un bon niveau d’anglais pourrait m’aider à trouver plus facilement un emploi, en attendant de trouver un poste définitif dans une association. Par ailleurs, en tant que photographe, je me suis régalée … La Grande-Bretagne ne ressemble en rien à la France : ses paysages, son architecture, sa culture …
La machine de la recherche d’emploi tourne à fond : créer son carnet d’adresses dans le milieu associatif, décrocher un job dans l’accueil ou le téléconseil
Séverine : Et aujourd'hui où en êtes-vous ?
s. M : J’ai la tête pleine de projets et le sentiment que 2010 va être l'année durant laquelle je décide enfin de me poser. Depuis quelques temps déjà, je ressens ce besoin : serais-je en train de guérir de ma « bougeotte aiguë » ?! Je ne me suis jamais engagée dans une association faute de rester suffisamment longtemps au même endroit ou par manque de temps. Mais maintenant que j'emménage près de Nantes, cela devient ma priorité. Deux associations m’attirent : Ecopôle et Bolivia Intie. J’espère me créer rapidement des contacts dans le milieu du développement durable, que ce bénévolat pourra m’ouvrir des portes au niveau professionnel. J’ai vraiment envie d’y consacrer le plus de mon temps possible et devenir salarié d’une association, en est le meilleur moyen.
Séverine : Et en attendant la concrétisation de vos projets ?
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s. M__ : Les emplois salariés en association sont rares. Je me donne donc entre deux et trois ans pour en décrocher un. Mais en attendant, il faut bien payer son loyer ! Actuellement, je recherche n'importe quel emploi, dans n'importe quel domaine. Cependant, en adéquation avec mes expériences et mes envies, je privilégie cependant les métiers de contact, de la relation clientscomme par exemple, dans les domaines de l’accueil et du téléconseil. Bien sûr, si je pouvais trouver dès maintenant un poste en communication ou en photographie, je serais évidemment la plus heureuse !
Séverine : Ah donc vous pensez encore à la photographie ?
s. M : Oui même si je préfèrerais garder la photographie comme passion, je ne veux pas me fermer une porte. Si cela peut m’aider à trouver un emploi intéressant en attendant.
Petit message aux recruteurs
Séverine : Quel message souhaitez-vous faire passer aux recruteurs qui auront lu cet article ?
s. M : Tout d’abord un grand merci à ceux qui prendront le temps de me découvrir. Je me suis rendue compte que mon CV pouvait effrayer les employeurs : j’ai le sentiment d’avoir occupé trop d’emplois différents pour acquérir auprès d’eux une crédibilité. Je souhaiterais qu’ils ne s’arrêtent pas à cela. En général, mes relations avec mes employeurs se sont toujours bien passées : ceci est dû je pense principalement au fait que je prends mon travail toujours très à cœur et ce, aussi ingrat qu’il a pu être parfois. Effectivement, j’ai occupé plusieurs postes différents chez différents employeurs mais pas réellement à cause de mauvaises expériences. Des mauvaises expériences, j’avoue j’en ai eues ! Et de fait, il y a certes une ou deux entreprises pour lesquelles je ne souhaiterais jamais retravailler. Non, si j’ai changé plusieurs fois d’entreprises, c’est plus que je fais les choses par intuition et par coup de cœur, et parfois aussi, hélas, par nécessité. Enfin, si j’avais travaillé dans une seule entreprise, je n’aurais pas acquis l’expérience que j’ai aujourd’hui. Et bien entendu, à bientôt je l'espère pour un entretien ! Un dernier mot également à tous les autres lecteurs de cet article : amis, étudiants, bloggeurs, visiteurs du hasard ou retraités encore ! Que sais-je ! Je voudrais juste leur dire qu’il est important de se rappeler de temps en temps qui l’on est vraiment.
Publié le mardi 12 janvier 2010 par s. M